73 A - Anaëlle Clot . 
Texte:  
Anaëlle Clot HERBIER IMAGINAIRE.
Anaëlle Clot – 1988
Artiste et graphiste – Vit et travaille à Assens (Vaud, Suisse)
J’aime me promener en forêt, collectionner les petits riens, jardiner, les fleurs sans prestige, dessiner, mettre du sel partout, porter des habits confortables, boire beaucoup de café, aller au théâtre, me coucher dans l’herbe, le papier, mon amoureux, participer à des marchés de microédition, aller au musée et faire des petites analyses bidons, boire des bières et chier sur la société, danser, collectionner des brochures et des flyers, regarder des livres d’images, prendre un bain et mettre la tête sous l’eau, lire un tas de trucs, le ping-pong, écouter la radio en dessinant, caresser la tête de mon chat, marcher lentement et souvent m’arrêter pour admirer les détails, les pique-niques, la pluie, observer les oiseaux à la jumelle, m’assoir parterre, les nuits en cabane, faire de la sérigraphie, regarder la lumière qui entre dans une pièce, arroser les plantes, me frotter les yeux, la rencontre avec une œuvre, ma sœur, faire des bouquets de branches et de fleurs séchées, peindre, les frites, les conversations sur l’oreiller, aller chercher le courrier, chantonner, les animaux, écouter des contes, biffer quelque chose sur une liste, être à l’atelier, le matin…

L’œuvre d’Anaëlle Clot s’exprime à Rumine, sous la forme d’un «cabinet de curiosités» floral et poétique.
Construit en 1913, l’édicule de Rumine est un élément fort du patrimoine lausannois. Grâce à la politique publique des édicules,  l’édicule cumule deux fonctions: salle d’attente pour les usagers TL, et, depuis 2018, espace d’expression artistique, accueillant une nouvelle œuvre culturelle éphémère tous les deux ans.
Dès aujourd’hui, c’est l’univers d’Anaëlle Clot qui est mis en valeur, avec un «cabinet de curiosités» floral et poétique.
«Donner au petit le grand qu’il mérite: l’édicule de Rumine me fait penser à un champignon au milieu des arbres, de par sa forme, ses teintes et sa taille en comparaison à celle des immeubles environnants. La frise sculptée à l’entrée de celui-ci fait écho à mes compositions végétales et donne le ton en invitant à entrer. Ce lieu intemporel, de passage, est propice à ralentir et stimule l’imaginaire, comme si l’édicule avait été bâti pour abriter nos rêves. Il offre un temps pour soi, pour imaginer d’autres mondes, d’autres formes de vie, ou tout simplement reprendre son souffle.
Je me suis inspirée de cette notion d’échelle ainsi que de la forme organique de l’édicule pour créer une série de neuf peintures colorées, réalisées sur des fonds couleur sable de formats variés pour simuler de grandes feuilles de papier. Elles sont comme suspendues à un fil à la hauteur des fenêtres, laissant le blanc circuler librement autour d’elles. C’est une sorte de «cabinet de curiosités» qui présente un herbier imaginaire géant. Comme si le petit chardon séché que je tiens dans la main avait pris la taille de l’amour que je lui porte. Ces peintures deviennent ainsi des fenêtres sur de mystérieux paysages.», explique l’artiste.
Ainsi, l’espace compte neuf peintures, certaines grandes, d’autres plus petites, qui accompagneront les passant·e·s  et les curieux·ses.
Présidée par la Conseillère municipale, Natacha Litzistorf, une Commission ad hoc sélectionne, tous les deux ans et sur proposition de  la Commission des arts plastiques, l’artiste qui pourra investir l’édicule de Rumine. En mars 2020, c’est de manière unanime que Mme Anaëlle Clot a été choisie.
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 Guy Clerc @ Images