Site et Musée romains d'Avenches
Case postale 58
CH - 1580 Avenches 
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musee.romain@vd.ch 
D'avril à septembre :
Mardi à dimanche - 10h à 17h
Ouvert les lundis de Pâques et de Pentecôte; ouvert tous les jours en juin 
Octobre et de février à mars :
Mardi à dimanche - 14h à 17h 
De novembre à janvier :
Mercredi à dimanche - 14h à 17h.
Fermé les 25, 26 et 31 décembre et les 1er et 2 janvier

La ville antique d'Aventicum

La ville romaine d'Aventicum est née vers le tournant de notre ère. Sa population est estimée à 20'000 personnes au 1er siècle apr. J.-C.

Dès la fin de l’Antiquité, la ville a servi de carrière, mais plusieurs monuments témoignent encore de sa grandeur passée.

La fondation de la ville d'Aventicum est vraisemblablement à mettre en relation avec la tentative avortée de migration des Helvètes en 58 avant notre ère et leur retour forcé à leur point de départ. Le nom de la ville dérive de celui de la déesse protectrice celtique Aventia. Aventicum fut la capitale des Helvètes.

On ne sait rien de précis sur la date de la fondation de la ville. Ces dernières années, des vestiges de la fin de la période celtique (1er siècle av. J.-C.) ont été à plusieurs reprises mis au jour sur le site, en particulier des sépultures et des fosses au sud-ouest des futurs quartiers de la ville.

Plus loin au sud, un oppidum (habitat de hauteur) existe dans la seconde moitié du 1er siècle av. J.-C. sur la proche colline du Bois-de-Châtel.

Au plus tard vers 5/6 apr. J.-C., est attestée une installation portuaire sur le lac de Morat, alors qu'en ville, se met en place un réseau de rues orthogonal, caractéristique des cités romaines. Plus de 60 quartiers ainsi délimités (lat. insulae) sont aménagés jusqu'au 2e siècle. La ville possède un forum (place publique) plusieurs établissements de bains (thermes) et au moins huit temples. Les cimetières sont quant à eux installés aux différentes sorties de la ville.

La pierre de construction provient principalement de la rive jurassienne du lac de Neuchâtel. De vastes secteurs de la ville se signalent par un sous-sol très humide. De ce fait, les constructeurs sont régulièrement contraints d'assurer la stabilité des fondations en implantant préalablement dans le sol des pieux de chêne.

Ces bois se sont souvent conservés et peuvent aujourd'hui être datés avec précision grâce à la dendrochronologie (méthode de datation fondée sur la mesure des cernes de croissance du bois).

Aventicum, probablement nommée Forum Tiberii à ce moment-là, connaît un premier « âge d'or » dans les années 30-50 apr. J.-C., sous les règnes des empereurs Tibère et Claude. En témoigne notamment un groupe sculpté plus grand que nature figurant des membres de la famille impériale, qui orne le forum de la ville.

En 71/72 apr. J.-C., l'empereur Vespasien, dont le père et les fils ont passé une partie de leur vie à Aventicum, élève la ville au rang de colonie sous le nom de Colonia Pia Flavia Constans Emerita Helvetiorum Foederata.

A cette époque démarre la construction d'un mur d'enceinte long de 5,5 km, ceignant un territoire de 228 hectares. Peu après furent également édifiés le théâtre, l'amphithéâtre et le sanctuaire du Cigognier, trois édifices caractéristiques de l'architecture publique romaine.

Près du lac de Morat, Avenches entretient les vestiges de son passé glorieux de capitale de l’Helvétie romaine. Les témoignages les plus impressionnants se trouvent sans conteste dans les arènes romaines. Magnifiquement conservé, ce cadre historique accueille des festivals de musique qui profitent de son acoustique.

Le théâtre se compose principalement de gradins semi-circulaires et d’une scène. Sur cette dernière évoluent les acteurs des pièces tragiques, comiques ou des pantomimes. Un décor amovible est installé et les comédiens portent des masques caractérisant le per- sonnage qu’ils doivent incarner. Comme dans l’amphithéâtre, les meilleures places situées à proximité de la scène sont réservées aux notables de la cité. La plupart des théâtres, comme celui d’Avenches, sont adossés à une colline.

La construction du Cigognier, le plus grand sanctuaire du site (35 x 17m), a débuté en 98 après JC. L’analyse des pieux de bois sous les fondations de l’édifice a permis de fixer cette date. Le plan, la technique et les matériaux utilisés sont inspirés par Rome. C’était un bâtiment rectangulaire, avec une cour encadrée de portiques. Seuls les prêtres avaient accès à la salle abritant la statue vénérée. Les fidèles se réunissaient dans la cour où avaient aussi lieu les processions. Cette répartition des espaces traduit bien la hiérarchisation de la société de l’époque. 
Établi à l’emplacement d’un fanum de tradition gauloise de la première moitié du 1er siècle apr. J.-C., le temple date de la fin du 1er ou du début du 2e siècle. Mode de construction et décor sculpté sont typiquement romains, alors que la cella de plan subcarré à galerie périmétrique rappelle les sanctuaires celtiques. La galerie est cependant interrompue en façade par un porche à fronton typiquement romain, tout comme le podium sur lequel s’élève le temple et l’escalier qui y donne accès. L’enclos délimitant le sanctuaire abritait aussi un autel, un puits sacré et un baldaquin protégeant sans doute une statue. L’ensemble est représentatif d’une architecture et d’un culte renouvelés, marqués d’un fort syncrétisme entre le fond indigène et la forme romaine.

Au temps des romains, les thermes publics jouaient un rôle important dans la société. Ils faisaient partie intégrante du paysage architectural monumental d’Aventicum, où l’on recensait plusieurs établissements thermaux, dont le plus imposant à proximité du Forum.

Avec ses portes, ses tours et ses courtines crénelées, l’enceinte fortifiée symbolise le statut politique de nombre de villes antiques. Aventicum se pare d’un tel monument dès son élévation au rang de colonie, affirmant sa présence dans le paysage et délimitant du même coup un espace urbain qui s’étend bien au delà des quartiers réguliers déjà bâtis ou seulement projetés.

Fonctions successives de la tour.

La tour no 2, située au nord de la porte de l’Est, est la seule des 73 de l’enceinte qui soit conservée sur une bonne hauteur. Elle doit sa survie à un usage prolongé comme poste avancé d’observation et de signalisation optique dès le moyen âge sans doute. Entretenue, transformée et rehaussée plusieurs fois à cet effet, elle a pris son aspect actuel à l’occasion des travaux de restauration du début du 20e siècle et création d’un escalier interne en bois desservant la courtine adjacente reconstruite et la terrasse panoramique aménagée à son sommet. L’accès original fut alors rétabli côté ville et les maçonneries romaines réparées sur leur hauteur conservée, soit jusqu’au niveau du chemin de ronde. Dans l’antiquité, un local de plan circulaire percé d’étroites fenêtres interrompait les courtines qu’il desservait par deux portes, contrairement à la restitution actuelle qui présente ici l’état médiéval du monument, plus élevé, à pan coupé côté campagne et haute porte d’accès qu’on atteignait alors sans doute par une échelle extérieure mobile.